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Récit de voyage en Arménie
13-10-2008    Source : Vérone Missir (Photos des lieux en bas de page)
 

L'arménie ressemble à une forteresse inaccessible, "île montagne", selon l'expression de Carl Ritter.

Jeune république, mais vieux pays avec une culture ancestrale et une activité créatrice contemporaine. L'Arménie reste marquée par l'européanité ce qui est particulièrement net dans sa proximité culturelle et intellectuelle avec l'Europe occidentale, mais par sa position géographique, elle est située à un carrefour de plusieurs civilisations : Mésopotamienne, Persanne, Syrienne

Alain Navarra-Navassartian



Mon premier voyage en Arménie

Tout d’abord, il y a eu en 2006/2007 l’année de l’Arménie en France. Tant de richesses différentes dans son histoire si particulière, son écriture, son architecture, la beauté variée de ses paysages et puis le sourire de ses habitants, la cuisine, la musique, tout y était.

Ma tante, ma cousine et moi nous nous sommes dites :
« banco, on y va ».

Les mois qui ont précédé notre voyage, nous nous sommes préparées en consultant l’histoire, ses histoires car cette grande civilisation trimillénaire, descendante d’Ourartou, terre d’influences, d’invasions, de passages et de mythes, étapes sur la route de la Soie, qui des Araméens, des Grecs, des Romains, des Arabes, des Turcs, royautés souvent partagées et soumises aux empires mongol, perse, byzantin, ottoman et russe. Peuple, certainement aussi vieux qu’Akkad et Sumer, avec sa montagne légendaire, l’Ararat ou Massis ou l’arche de Noé s’était posée, et ses fleuves mythiques, l’Araxe, le Tigre et l’Euphrate, peuple si vieux et toujours vivant avec sa langue unique, sa religion et un territoire rétréci. Pays enfin mystérieux.

Notre vol jusqu’à Vienne, classique ; puis à Vienne, nous rejoignons d’autres passagers dont des arméniens de la diaspora, toutes langues parlées pour prendre notre envol vers l’Arménie. Ces visages fatigués mais avec des sourires chaleureux, rassemblés pour des vacances, la famille, la découverte des origines, et puis d’autres sans attaches particulières avec ce pays mais envahis par la joie communicative et les rires.

5 heure du matin, le 27 juillet : Erevan.
Bienvenue en Arménie

Une personne s’offre gentiment pour nous aider à prendre à notre visa. A la sortie, chacun est accueilli bruyamment, toute la famille et les amis se sont déplacés, embrassades, effusions, larmes et puis notre guide et notre chauffeur souriants. L’impression d’être étranger mais aussi chez soi. Massis déjà se découvre lentement et le soleil brille. Tant de choses à raconter : direction le sud, Meghri ville frontière de l’Iran, avec la traversée de la plaine de l’Ararat, ses vergers, ses vignes et même des cigognes. Et puis lentement, on monte sur des collines, des cols, partout la nature variée, sauvage, des villages parfois traversés, des rivières et des lacs.

"Impression de sérénité"

Parfois on dirait la Suisse. Des haltes souvent proches des rivières ou à l’ombre dans la simplicité, des mets goûteux et sains faits de légumes, de la viande grillée, du pain lavache, de la pastèque partagés entre tous et le café oriental qui se dénote par sa saveur. Les montagnes, ces forteresses naturelles servant de remparts qui ont si souvent protégés l’Arménie, puis la lumière toujours changeante et le bruit de l’eau, cette musique heureuse qui purifie et donne la vie. Et plus loin, sur notre parcours une réserve naturelle et des arbres fruitiers, le chant de milliers d’oiseaux, sans oublier les grottes troglodytes, des menhirs, des vestiges préhistoriques, des sites archéologiques.

Cap sur le nord : sa plaine jusqu’à Gumri, ses pâturages avec ses vaches, ses pierres volcaniques et ses montagnes avec ses sapins et pins proche de la Géorgie, ses légendes, notamment celle de la reine Sémiramis, sa nature magnifique, le majestueux lac Sevan, et toujours comme un refrain l’eau, partout qui irrigue et coule. Je n’avais jamais imaginé le Caucase si vert, la nature aussi belle avec des odeurs et des fleurs sauvages si variées.

Et partout, du sud au nord, parfois cachés ou sur des nids d’aigle, des promontoires, des églises, des monastères nombreux et différents avec l’histoire des grandes familles, des mythes, les bibliothèques et le souvenir de ses moines, témoins et passeurs de vie, de la culture, de la religion notamment à travers des livres richement ornés, des manuscrits, une littérature importante.

Pays de pierres et de montagnes utilisées habilement par les architectes des monastères. Et les Kachkars, ces témoins de pierre qui se dressent partout si travaillés, dentelés avec des croix et des arbres de vie dont les racines et les symboles unissent la vie, la beauté, l’âme de ce pays avec une spiritualité profonde. Et puis des caravansérails et des routes qui rappellent la circulation ancienne et l’ouverte de ce peuple sur le monde.

Parfois, bien sûr, la tristesse et la pauvreté, et les effets encore visibles du tremblement de terre, la reconstruction des villes, des routes, sans oublier le monument du souvenir du génocide à Erevan.

Le cœur, la générosité de ces habitants qui partagent et offrent des fruits, du miel, des herbes, le café, un sourire, et une jeunesse courageuse, pleine d’énergie et d’intelligence, fière de l’Hayastan et dont le cœur bat pour son passé, sa riche culture mais aussi son présent et son futur, fière de ses identités et son renouveau.

Comment ne pas aimer l’Arménie, j’y ai découvert des monuments qui, à l’égal des pyramides, nous fascinent, alliant la simplicité, la transmission des connaissances, le mystère de la création.

"Tout est symbole dans ce pays fascinant"

Nul doute que j’y reviendrai, pour cheminer dans la nature et entendre le matin, les notes claires des rivières, heureuse au milieu des pommiers ; je reviendrai aussi pour revoir et rencontrer ce peuple attachant, et encore découvrir sa poésie, sa musique, sa peinture et toutes ses merveilles cachées.

Vérone Missir

 

Photos et explications

TALIN

Dans  la plaine un peu  moutonnée. Des monastères basiliques en tuf rouge, noir, quelques traces de peintures dans le cœur ou sur certains cotés. Comme un grand navire posé dans cette campagne d’été un peu sèche. Ces témoins de Dieu, mais aussi des discussions et des décisions prises dans les gavits par les défenseurs de cette nation.

Talin Talin Talin

 

GNENAVANK

Gnenavank, le diamant que Sophie de Siuni a offert. Et aussi le fruit d’une légende d’une Sophie pas très sage ! On dit qu’en Arménie, tout est symbole, alors ici chaque frise, chaque pierre exprime la vie et l’éternité, les humains et les animaux, le Créateur, Dieu. Au milieu des orgues de pierre de basalte, au fond de ce cirque, cette perle unique où toutes les pierres sculptées , animaux de Noé, cavaliers, cavalières et mystères, Ah Sophie, quelle beauté ! Ah Sophie ne vois-tu rien venir !  de l’eau brillante , un canal, ton amoureux ? Pourquoi Sophie ?  …….(pour le savoir y aller c’est juste avant de soit continuer sur Goris, soit de tourner pour Djermuk).

GNENAVANK  

 

DZORAVANK

Dzoravank : quelque part après Goris en allant à Kapan, un petit chemin dans une forêt, en montant vers un col. Une halte : au fonds d’un replat, un monastère du 7ème siècle, comme un temple. La simplicité même et le souvenir de moines copistes. Les restes d’un repas et une bougie qui brûle encore. La continuité, la paix, le chant des oiseaux. Un endroit encore vivant hors du monde !

DZORAVANK  

 

COLLINE DE TIGRANAKERT

Vue de la colline de Tigranakert. Le Karabagh ou Artsakh, la découverte de Tigranakert et au loin la frontière. Une forteresse cyclopéenne, une ville, une légende, la Paix. La paix et la source du Roi : goutte l’eau, bois à cette source, tu reviendras !

COLLINE DE TIGRANAKERT  COLLINE DE TIGRANAKERT

 

MEGHRI

La nature quelque part vers Meghri au sommet du col proche d’une réserve naturelle. En tout la nature n’est pas réservée, elle est éclatante.

MEGHRI  

 

HAGHPAT – SANAHIN

Les monastères du père et du fils. Dans l’un et l’autre une bibliothèque et une salle d’étude et la maquette des bâtiments avec les commanditaires les Gyurekian. J’aurai aimé m’asseoir pour entendre un cours, j’aurai aimé voir les moines copieurs, illuminateurs, calligraphes. Tout est beauté, dehors, dedans. Un e rencontre gréco-arménienne : les mathématiques, la grammaire, la philosophie, la musique et Dieu.

HAGHPAT – SANAHIN HAGHPAT – SANAHIN HAGHPAT – SANAHIN

HAGHPAT – SANAHIN  HAGHPAT – SANAHIN

 

SPITAK

Spitak, une ville détruite par le tremblement de terre qui a détruit tant de routes, de maisons, mais surtout la vie, beaucoup de morts en 1988. Petit à petit, tout se reconstruit, les routes, les villes, la vie.

SPITAK  

 



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