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La danse arménienne
13-10-2008    Source : Tiré d’un texte paru sur le site de « Navasart »
 

A l’origine, seul le chant monophonique avait sa place et ce n’est que peu à peu des pas de danse simples, puis de plus en plus élaborés ont accompagné ces chants, en finissant par se diversifier à l’infini, chaque époque devenant le miroir contemporain de sa société.

La danse sacrée a constitué une des premières manifestations de danse, au travers du culte dédié à la déesse de la fertilité Anahit, et il en est resté de nombreuses réminiscences.

La caractéristique essentielle de la danse arménienne réside dans l’énergie qui se dégage du danseur et qui irradie sur l’assistance, même dans les mouvements empreints de lenteur.

Chez la femme, les gestes des mains prennent une signification particulière. Ainsi, les doigts représentent ils souvent une tête de biche, animal fort répandu en Arménie et symbole de féminité. Les mains fermées, les doigts ouverts, cachant ou non une partie du visage peuvent exprimer tous les états d’âme de la jeune fille, sans en exclure la coquetterie, l’homme s’affirmant au contraire comme un élément dominateur.

Les danses villageoises s’exécutent en général en cercle et se dirigent toujours vers la droite sauf exceptionnellement lorsqu’un événement malheureux se produit, auquel cas le sens est inversé vers la gauche, ces dernières danses se définissant par le terme générique « Tzakh Bar » ou « danse à gauche », les pas commençant alors par le pied gauche.

On peut distinguer plusieurs styles. La forme d’expression la plus répandue et considérée comme la danse nationale est le Kotchari aux variantes multiples, reflétant les mouvements du « kotch », sorte de bélier mythologique, danse paysanne par excellence et très accrochée à la terre, dégageant une impression de puissance, même dans les mouvements lents. La gestuelle des bras, en bas ou en haut, symbolise le trait d’union entre la terre et le ciel, le martèlement des pieds sur le sol exprimant la domination de l’homme sur la nature.

A l’opposé, les danses dites Ver Véri, comportant de nombreux pas légers et aériens se veulent une élévation vers le ciel, en se dégageant des contraintes terrestres et marquent une forme d’aspiration à la spiritualité. Le style Choror se caractérise lui par un mouvement de léger balancement. Le mot arménien Bar qui représentait à l’origine une chaîne de montagne a fini par signifier « danse » par analogie avec les danseurs formant une chaîne.

La forme du cercle, très pratiquée, représente le monde tournant autour du feu central lui prodiguant lumière et souffle vital. Se diriger vers le centre allait dans le sens d’une purification alors que reculer marquait la victoire sur les ténèbres et la mort. Le cercle est mené par un meneur Barabèd, disposant en général d’un foulard, symbole magique du statut de chef. Celui-ci se détache parfois du groupe laissant libre cours à son improvisation, très prisée dans la danse arménienne. Dès lors, c’est le second danseur ou Oknagane, qui reprend la direction du groupe à l’unisson du dernier danseur dit Barabotch.

Dans la plupart des danses de couple, il est d’usage que l’homme et la femme ne se touchent pas, l’homme affirmant sa force et sa virilité par une improvisation de pas rapides alors que la femme, toujours très digne et fière répond par des gestes empreints de grâce et de douceur.

Ces danses se pratiquaient essentiellement en plein air, au son du dâoul (tambour) et du zourna (sorte de haut-bois puissant).

On notera à ce sujet que la danse arménienne requiert un grand apprentissage de la coordination de la tête, des bras et des jambes qui tous s’activent en même temps.

L’histoire et l’étendue géographique de l’Arménie historique expliquent la grande diversité des genres. Outre les Kotcharis, Ver-véri, et Choror cités plus haut, on trouve les Giond, danses mixtes exécutées en cercle après les travaux des champs, les Krynguy, danses des femmes au travail, les Daldalar (originellement de la région d’Erzeroum), les Tamzara, les Paylantcho (danses de jeunes), les Vorna-Sévan, danses érotiques de femmes, les Ounous, danses mixtes du travail, les danses de pêcheurs, de vieillards, de femmes boiteuses ainsi que les danses guerrières … sans que cette liste soit exhaustive …

Chaque région a bien sur ses particularités : danses de Van, d’Erzeroum, de Mouch, de Sassoun, de Bitlis, d’Erévan, d’Abaran, de Gumri, d’Ardahan, etc …

On peut citer également les danses des arméniens de Tbilissi (Géorgie) telles que Gindaouri ou celles des habitants du lac d’Ourmia en Iran.

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