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24 avril 1915-2021 : Hier comme aujourd’hui, la Suisse officielle reste silencieuse sur les crimes contre les Arméniens
  
 

Communiqué de presse 
(voir le document intégral en FR et D attaché ci-contre)

Jeudi 22 avril 2021

24 avril 1915-2021 : Hier comme aujourd’hui, la Suisse officielle reste silencieuse sur les crimes contre les Arméniens

La Communauté Arménienne de Suisse est consternée par le silence délibéré des autorités suisses face aux crimes commis contre le peuple arménien, hier comme aujourd’hui. Ce 24 avril, les Arméniens de Suisse commémoreront, par différentes actions, le génocide orchestré par l’Empire ottoman en 1915, dont le succès se mesure à la hauteur du million et demi d’Arméniens massacrés.

Les récentes guerres lancées contre l’Arménie et le Haut-Karabagh conjointement par l’Azerbaïdjan et la Turquie montrent que l’idéologie de haine à l’origine du génocide de 1915 demeure intacte depuis plus de cent ans. Ankara s’obstine non seulement à nier ce crime, tout en le justifiant, mais s’unit à Bakou dans l’incitation à la haine contre les Arméniens. De son côté, le Gouvernement suisse évite de condamner l’Azerbaïdjan pour ses violations du droit international, alors que les responsabilités de Bakou ont été confirmées par plusieurs gouvernements étrangers et instances internationales. Contrairement aux élans de solidarité cent fois renouvelés par la population suisse, le silence de ses autorités sur les crimes commis aujourd’hui contre les Arméniens se présente comme une parfaite continuité de leur même silence lors du Médz Yéghèrn de 1915 qui, en tant que crime contre l’humanité, a servi de base pour établir la définition du crime de génocide par l’ONU en 1948.

Historiens et scientifiques ont établi les faits historiques, par ailleurs confirmés par les nombreux rapports des étrangers (diplomates et missionnaires) présents l’époque dans l’Empire et témoins directs des massacres. Il faut ajouter les récents travaux du Professeur Taner Akçam qui, dans son ouvrage « Killing orders », met en évidence le choix intentionnel et la totale responsabilité du régime jeune-turc, incarné par son Ministre de l’intérieur Mehmet Ali Talaat, de concevoir et mener à bien un génocide contre les Arméniens de l’Empire afin de les éradiquer du territoire. Nonobstant ces évidences, le Conseil fédéral semble préférer la préservation d’intérêts économiques à la défense de la dignité humaine lorsqu’il refuse de condamner les responsables des crimes commis.
Cette attitude, la même que pour les réponses du Collège gouvernemental au Postulat 20.4464 Sommaruga et à l’interpellation 20.4650 Müller-Altermatt sur le rôle de la compagnie pétrolière étatique azerbaïdjanaise SOCAR dans le financement de la guerre lancée contre le Haut-Karabagh le 27 septembre dernier, montre que le Conseil fédéral applique une politique de deux poids et deux mesures, à la limite du cynisme, à l’égard des crimes commis contre les Arméniens, qui restent ainsi seuls à affronter ces États criminels.

Loin de se décourager, et encore moins de tolérer le silence injustifiable des autorités, la Communauté Arménienne de Suisse dénonce ce comportement, peu digne d’un État porte-drapeau du droit international humanitaire. Ce d’autant que, dans le passé récent, la Suisse ne s’est pas retranchée derrière l’opportunisme de ses intérêts économiques pour condamner d’autres crimes contre l’humanité.



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