Fondation ARMENIA
Fondation

La Suisse est certes un petit pays et abrite une communauté arménienne peu nombreuse, elle n’en est pas moins l’un des pays les plus actifs en Arménie,  à l’image de la Fondation Armenia – une organisation dotée désormais d’une solide expérience.

Trois personnages sont à l’origine de la Fondation Armenia : Agop Tellalian, Puzant Haroutouian et Charles Philipossian. Trois rescapés et orphelins  du Génocide recueillis jadis par un pasteur à Genève dans une grande demeure. Demeure qui sera remise plus tard, à l’association des anciens du foyer et qui deviendra dans les années 80, le siège de la future fondation.

L’objectif de la Fondation Armenia étant de contribuer à la survie du peuple arménien, elle s’attachera dans un premier temps, à collecter des fonds auprès de la communauté. En effet, les statuts stipulent clairement, qu’aucune action ne sera entreprise avant d’atteindre un capitale de 300'000 euros, et que seuls les intérêts financeront les futures actions.

Dernier survivant parmi les trois fondateurs, Agop Tellallian laissera à sa mort, il y a environ dix ans, une grosse fortune à la fondation. Donation qui permettra, en plus des rentrées annuelles en dons et en bénéfices locatifs de la maison, d’obtenir un revenu important et démarrer des projets en Arménie.

« Nos débuts ont étés difficiles ! » en sourit avec du recul son président, Vahé Gabrache.

 «  Nous ne savions pas vraiment dans quelle voie nous lancer. La priorité était-elle en faveur des enfants ? Des personnes âgées ? Des infrastructures? Je dois avouer que nous avons commencé à tâtons, en aidant notamment des associations suisses présentes en Arménie, comme le fonds d’entraide protestant, la Croix-Rouge, etc. Puis on s’est jeté à l’eau avec  deux actions de micro crédit, l’un en faveur  d’un artisan boulanger qui voulait ouvrir sa boutique dans un village à l’extérieur d’Erevan. Nous le lui avons accordé, à condition qu’il distribue chaque jour du pain aux plus démunis de sa région. L’autre, pour permettre à un agriculteur d’augmenter son cheptel. Ça s’est très bien passé, le premier nous a remboursé et poursuit son commerce, pour le second, finalement nous le lui avons offert.

Priorité aux infrastructures !
Au fil des ans et de l’expérience, la fondation se lancera dans des projets d’envergure en  partenariat avec d’autres organisations comme France-Karabagh et l’Union Yerkir pour le rapatriement et la réinsertion.

Ensemble, en 2005, ils bâtiront une école, un dispensaire et un centre communautaire à Tsamtor au Haut-Karabagh. Aujourd’hui encore, le village bénéficie de leur soutien, puisque actuellement, un bassin de rétention et adduction d’eau et de nouvelles maisons sont en phase de construction.

Témoignage de partenariat réussit, depuis l’an passé, les trois organisations participeront également au financement des fouilles archéologiques de la ville de Tigranakert en terre d’Artsakh, dans la région d’Aghdam.

Toujours au Haut-Karabagh, à Chekker, la Fondation Armenia finance également un projet de salle polyvalente, projet de Garbis Nicoghossian, Arménien de France qui a ouvert récemment là-bas un grand complexe scolaire.
« C’est vrai que nos actions sont en majorité tournées vers la réalisation d’infrastructures au Haut-Karabagh et qu’en Arménie nous pratiquons plutôt de l’aide humanitaire, du soutien financier à diverses associations, associations de lutte contre le sida par exemple, ou encore partenariat avec Caritas », souligne Vahé Gabrache. « Nous, nous devons de faire levier et coopérer avec d’autres grandes organisations, travailler avec des gens qui sont spécialistes de tel ou tel domaine ou qui ont l’expérience du terrain. Voilà notre rôle, mais en aucun cas agir seuls, ou alors de façon très exceptionnelle ».

Les projets ne manquent pas et les dossiers s’accumulent dans les bureaux de la Fondation. Prochaine étape : la rénovation du village d’Akhnaghpiur situé à la frontière géorgienne, dans le cadre du Millénium.
« La Suisse est le premier pays à avoir pris en charge un village, le budget est estimé à 500'000 dollars pour tout le village sur cinq ans. Plusieurs mécènes privés suisses et des organisations de Genève, participent à ce projet dont notre fondation. Pour notre part, nous avons débloqué dans un premier temps 100'000 dollars sur trois ans. La gestion est confiée à l’Himnatram, le fonds Arménie, mais nous, pour la Suisse, nous avons demandé au ministre des Affaires étrangères, Vartan Oskanian, d’être contrôleur des travaux. Nous mandaterons ici quelqu’un. »

Au fil des ans, la Fondation a acquis une certaine expérience de l’Arménie, un chemin parcouru jalonné d’écueils comme de grandes joies. Aujourd’hui, sa maturité l’invite à la sagesse et à la prudence. « Ce qui me rend optimiste, conclut Vahé Gabrache, c’est de constater que le gouvernement arménien commence à jouer la carte de la transparence, et qu’il se rapproche de plus en plus des communautés ». Et d’attribuer une mention spéciale à l’ambassadeur d’Arménie en Suisse, Zohrab Mnatzakanian, qui «non seulement coopère beaucoup avec la diaspora, mais s’implique et s’adapte à notre façon de travailler ». Bref, « une grande chance ! ».

France – Arménie N° 299 - 1 au 15 juillet 2007
Maïté Jardin

La fondation en bref…

Objectifs
La « Fondation Armenia » a pour objectif principal de contribuer sur le plan moral et matériel à la promotion de projets individuels ou collectifs, de nature culturelle ou humanitaire - sans discrimination de nationalité, de religion, de sexe ou d’appartenance politique – permettant la survie et le développement du peuple arménien.

Subventions
La « Fondation Armenia » octroie des subventions sous forme de prêts à taux réduits, ainsi que sous forme de donation.

Projets
Les projets qui doivent être soumis à la « Fondation Armenia » sont étudiés par les membres du comité qui peuvent accorder ou non, une subvention intégrale ou partielle. La période de soumission s’échelonne  de janvier à juin, l’attribution de l’aide s’échelonne de juin à décembre de l’année en cours.

Comité
Le comité de la « Fondation Armenia » se compose de 6 membres actifs et d’un contrôleur des comptes, il se réunit en conseil quatre à six fois par année, pour la gestion courante des affaires et des projets. La gestion du patrimoine de la « Fondation Armenia » est assurée par notre secrétaire trésorier en collaboration étroite d’une fiduciaire et d’une régie.

Législation
La « Fondation Armenia » est soumise au droit Suisse et placée sous la surveillance de la Confédération. A ce titre, elle adresse à la fin de chaque exercice, dans les trois mois suivant la clôture de l’exercice, un rapport de ses activités, ainsi que ses comptes annuels, accompagnés d’un état de fortune.





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